
En ce jeudi 12 mai 2026 le complexe sportif « Jacques Chirac » de Montauban a été le témoin d’un événement de grande ampleur, le Rallye Citoyen régit par le trinôme Académique : Education Nationale-Agriculture-IHEDN et les Armées. Sous l’impulsion du lieutenant-colonel Masse adjoint au DMD de Tarn et Garonne, soixante partenaires dont la Section 820 de l’UNP ont répondu présents, tout comme les principaux acteurs institutionnels à savoir la région, le département et la ville de Montauban. 127 équipes étaient présentes, soit un total de 1026 collégiens.
Le rallye citoyen poursuit des objectifs éducatifs, civiques et sociaux que nous pourrions résumer ainsi :
Le thème de cette année était particulièrement ambitieux : «Soigner, Secourir, Servir», le soin comme devoir, le courage comme héritage. Le triptyque résume à lui seul la capacité à rassembler des acteurs divers autour d’un langage commun, mais le thème pris dans sa globalité, évoque la présence d’un profond civisme tant mémoriel qu’intergénérationnel. Le fil rouge de cette année était consacré à Geneviève de Galard, figure grandiose que tous les parachutistes respectent et qui, à elle seule résume le tout.
Cette année la Section 820 avait décidé de participer au Rallye Citoyen sous deux formes. La première par une participation financière et, la seconde par la mise en place d’un atelier ayant pour thème l’orientation et dénommé « Naviguer et s’orienter entre ciel et terre ».
Comme l’année précédente la journée débuta par un rassemblement où tous les élèves chantèrent la Marseillaise sous l’œil attentif du général de corps d’armée Métayer. A l’issue briefing général dans une ambiance de cathédrale.
Je ne vous cache pas que notre atelier en a fait reculer plus d’un, mais tous les acteurs pourvus d’une réelle volonté se sont pris au jeu. La mise dans l’ambiance était alléchante. Leur mission était des plus simple. Ils appartenaient à groupe médical parachutiste et devaient rejoindre leur compagnie qui était en exercice, afin de prendre en compte deux blessés. Malheureusement, parachutés au crépuscule, leur GPS s’est brisé lors de la réception avec le sol. Seule solution, revenir à l’utilisation de la carte et de la boussole, qu’ils avaient avec eux. Mais voilà, les habitudes ont leurs démons, et là ce démon, c’était la méconnaissance des moyens dits « archaïques » pour se déplacer.
Ils disposaient de quinze minutes au cours desquelles il fallait rapidement se remémorer les notions diffuses, voire absentes d’utilisation de ce morceau de papier appelé « une carte ».
Le temps faisant son office, le groupe s’empressât d’étaler les 3 cartes sur la table. A l’issue de leur déploiement, des couleurs de toutes sortes apparurent, des sigles, des lignes et des chiffres bizarres. Les désaccords étaient nombreux. Certains feignaient de ne pas être à la hauteur en se dégageant discrètement du groupe. Ils finirent enfin par s’accorder sur la manière de disposer la carte et de confirmer avec la boussole et sa flèche rouge la bonne orientation de ce morceau de papier.Vint ensuite la correspondance des distances que signifiait l’échelle d’une carte, que signifiait 1/50 000 ? Les plus matheux tentèrent de déchiffrer cette équation, qui posait problèmes. Après de nombreux essais, ils décryptèrent ce mystère, et quelques calculs de distances leur confirmèrent la validité du raisonnement. Maintenant, la grande question était, comment définir la position exacte du groupe ? Ce fut chose avec l’aide des contrôleurs.
Ceci fait, la question cruciale était la suivante : comment atteindre rapidement le point où était les blessés. Ils tentèrent de tracer un chemin direct, mais ils se heurtèrent à des difficultés terrain. Comment donc se frayer un accès, à travers ce vert de la carte, ces lignes rouges serrées, ces étendues bleues, ces ombres tracées à 45° ? Tant de questions à résoudre et auxquelles ils devaient apporter des réponses.
Finalement le calme revenu, tous se penchèrent en bonne intelligence sur la légende de la carte. Ils pouvaient maintenant « avancer ». Il se rendirent vite compte que la ligne droite n’était pas forcément le chemin le plus rapide, mais qu’ils devaient serpenter entre le relief tout en composant avec les sigles de la carte. Ces hiéroglyphes leurs devinrent vite familiers.
Le relief et les courbes de niveaux devinrent à l’occasion de certains détours, de véritables casse-tête. Les calculs de la hauteur entre deux points situés sur des courbes différentes ne les laissèrent pas indifférents. Que c’était compliqué…Ils vivaient une aventure ? Leur aventure. Non, c’est décidé, ils ne s’arrêteraient pas en si bon « chemin » ils iraient jusqu’au bout. Ils finiraient leur Koh- Lanta.
Les simples éléments scolaires à savoir règles, feutres pour tableau blanc, gommes, crayons à papier virevoltaient de mains en mains en exécutant au-dessus de ce « grand tableau de papier » pouvant faire penser à une fenêtre ouverte sur l’extérieur, des arabesques majestueuses. Leurs capacités cognitives étaient au maximum. Certains exaltaient « j’ai trouvé « mais hélas quelquefois la déception faisait retomber cet « excès de zèle ». Ils effaçaient alors sous un air interrogateur, les résultats écrits sur le tableau blanc.
Les plus silencieux étaient de loin les plus méthodiques, patients, ils regardaient, disséquaient, séquençaient, enregistraient chaque détail avec un regard aiguisé tel l’aigle à la recherche de sa proie. Que c’est court quinze minutes à ce rythme. Ils s’accordèrent enfin, ils nous présentèrent leurs réponses et nous expliquèrent leurs choix justifiaient par les chefs d’équipes. S’ensuit quelques questions de connaissances générales à savoir, étoile polaire, petite-ourse, grande -ourse, méridiens, parallèle etc. Ces questions permirent de rajouter des points supplémentaires.
Tous nous remercièrent pour ce moment ludique certes, mais où l’imagination, le travail d’équipe, alliés à un esprit cartésien et le bon sens devaient impérativement se conjuguer pour aboutir à un résultat cohérent. Que faut-il retenir de leurs aventures, ce n’est pas le résultat qui compte, mais le chemin pour y arriver. Chaque réflexion était une gare d’arrivée, qui irrémédiablement conduisait vers une nouvelle gare. C’est par un travail d’équipe que les difficultés s’aplanissent. Les collégiens étaient curieux, volontaires, respectueux et investis. Ils étaient animés par une soif d’apprendre de découvrir et cela dans une atmosphère détendue mais « rigoureuse », forte et positive.
Ce sont eux les jeunes, qui aujourd’hui doivent s’imprégner du civisme, de l’éducation de la culture des anciens pour comprendre que seul il est impossible d’avancer. Encore faut-il un socle de connaissances solides. Ces fondations ne s’inventent pas, elles doivent être enseignées pour combler le fossé de l’ignorance, c’est le rôle, nôtre rôle d’adulte.
